Les larges tissus de pavillonnaires anciens sont l’une des caractéristiques du Val-de-Marne. Leur évolution est un enjeu central… Comment faire évoluer l’existant et le valoriser plutôt que le remplacer ? Surélever, étendre ou recomposer pour adapter l’habitat aux usages contemporains sans rompre avec le contexte bâti ?
Maisons en brique ou en meulière antérieures à 1948, pavillons issus de lotissements aux gabarits répétitifs des années 1970…, on recense, notamment au travers du Palmarès Architectures habitées, des projets portant fort le dialogue entre contemporain et traditionnel. Exemples à L’Haÿ-les-Roses et au Perreux-sur-Marne.
Cette approche du « faire avec » repose sur une lecture attentive du bâti existant : proportions, rythmes, relations à la rue et au jardin. Elle permet d’identifier des potentiels de transformation souvent sous-exploités. L’architecture contemporaine ne cherche pas à s’imposer comme un objet autonome, mais comme une écriture capable de prolonger, compléter et révéler des qualités déjà présentes. Concevoir des projets améliorant le parc bâti existant revient ainsi à reconnaître la valeur du patrimoine ordinaire et à considérer la maison existante comme une véritable matière de projet.
La surélévation et extension « HAY », réalisée par l’architecte Benoît Rotteleur à L’Haÿ-les-Roses, illustre cette logique. L’augmentation de surface s’opère par une surélévation respectant l’alignement et la lecture du pavillon existant, tout en introduisant une ossature bois à l’écriture contemporaine. La légèreté du volume ajouté dialogue avec la brique et l’enduit du corps principal des années 1930 et inscrit l’intervention dans une continuité plutôt que dans une rupture.
De même, la “Maison Périscope”, conçue par l’architecte Emmanuel Cros au Perreux-sur-Marne, associe transformation du bâti, surélévation et recomposition des ouvertures pour générer de nouvelles qualités spatiales. Les volumes contemporains, proches du gabarit existant, organisent des cadrages vers le jardin, favorisent l’apport de lumière naturelle et enrichissent l’expérience d’habiter.
Dans ces projets, le travail sur la matière et la couleur joue un rôle déterminant dans le dialogue entre existant et création. Le bardage bois de l’extension HAY introduit un relief et des teintes en harmonie avec la façade en brique et enduit de la maison d’origine. À l’inverse, la Maison Périscope intègre sa surélévation par un travail sur la texture du béton peint, qui fait écho au langage architectural de l’époque sans en proposer une reproduction littérale.
La transformation de l’existant s’inscrit pleinement dans les enjeux contemporains d’adaptation au changement climatique et de réduction de l’impact environnemental du bâtiment. Transformer plutôt que démolir permet de limiter l’empreinte carbone des projets. L’amélioration de l’enveloppe, l’optimisation de l’orientation, le recours à l’éclairage naturel et à la ventilation traversante participent à un meilleur confort d’usage et à une performance environnementale renforcée.
Mais le « faire avec » ne se limite pas à une question d’image. Il vise avant tout l’amélioration des usages : ouvrir les espaces de vie vers le jardin, proposer des plans plus fluides, créer des espaces évolutifs, apporter lumière et confort. Ces transformations renforcent l’identité du bâti ancien, non en la figeant, mais en l’inscrivant dans une dynamique d’évolution.
Ces projets démontrent qu’il est possible d’articuler architecture contemporaine et tissus résidentiels traditionnels dans une démarche de relecture et de mise en valeur de l’existant. Une modernité discrète mais affirmée, attentive au contexte et aux habitants, qui participe à la requalification progressive de l’ordinaire.
Au-delà des exemples présentés ci-contre, la galerie du Panorama Architectures habitées offre un large éventail de réalisations illustrant ces démarches.
Les architectes sont invités à y déposer leurs projets afin de valoriser leurs réalisations en Val-de-Marne et de contribuer au partage d’expériences autour de la transformation qualitative de l’habitat individuel.