Situé à la confluence de la Seine et de la Marne, le Val-de-Marne est fortement confronté au risque d’inondation.
Situé à la confluence de la Seine et de la Marne, le Val-de-Marne est fortement confronté au risque d’inondation. Aujourd’hui, plus de la moitié des communes du département sont concernées : 26 à 27 villes sur 47 sont classées en zone inondable, les projections décrivent près de 20 % du territoire départemental qui serait submergé et environ 250 000 habitants qui seraient directement impactés si une crue majeure comparable à celle de 1910 survenait. L’ampleur du phénomène ne se limite pas aux seules berges mais concerne également les zones urbaines soumises au ruissellement ou aux remontées de nappes.
À Alfortville, par exemple, dont le territoire communal est concerné à 99%, c’est toute la ville qui se doit de prendre en compte ce risque pour le patrimoine bâti existant, pour son adaptation et pour les nouvelles constructions.

Le risque dominant dans le Val-de-Marne est celui des crues de plaine, caractérisées par : une montée lente des eaux, une durée pouvant s’étendre sur plusieurs jours, voire semaines, une large extension géographique. Ces crues sont principalement liées au débordement de la Seine et de la Marne, mais aussi à des phénomènes complémentaires qui pourraient les faire évoluer en des épisodes plus soudains : remontée de nappes phréatiques, saturation des réseaux d’assainissement, ruissellement urbain intense.
Ce caractère lent rend le phénomène prévisible mais difficile à contenir, notamment dans un territoire fortement urbanisé où les sols sont imperméabilisés.
Face à ce risque, l’État a mis en place un outil central : le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) issu de la loi du 2 février 1995 (dite loi Barnier). Lorsqu’un projet se trouve en zone inondable, les règles d’urbanisme à suivre sont celles du plan local d’urbanisme (intercommunal) et celles du PPRI. L'objectif des PPRI est de protéger les personnes et les biens, et pour cela de contrer la densification des zones présentant le plus de risques en cas de crue, et définit un zonage réglementaire : inconstructible, constructible sous condition, et les zones hors aléa identifié.
Si la construction neuve est très extrêmement contrainte par ce règlement, l’adaptation du bâti existant dans l’objectif d’en réduire la vulnérabilité et de tendre vers un habitat résilient est encouragée. Le CAUE, à travers ses missions de conseil au travers du département, a pu observer que de nombreuses constructions anciennes avaient des caractéristiques qui leur permettaient une bonne résilience face au risque inondation : un rez-de-chaussée surélevé sur un sous-sol semi enterré inondable, un soubassement en matériaux insensibles à l’eau, des sols perméables, … Ces qualités devront être préservées et une vigilance particulière sera observée à l’occasion d’interventions sur des maisons anciennes, afin que les travaux d’aménagements et d’extension ne fassent pas disparaître ces qualités.
Face au risque d’inondation, il est important d’avoir une vision globale croisant les aspects liés à l’architecture, au paysage et à l’environnement, de l’ensemble des contraintes, et les appliquer avec un projet d’amélioration du bâti qui préservera et ou améliorera le cadre de vie, proposera une mise en sécurité des équipements sensibles, sans rogner sur l’habitabilité et les qualités architecturales du bâti. Aménager et réaménager l’intérieur de logements pourrait permettre de limiter les dommages sur les équipements et mobiliers, et assurer une certaine résilience face aux épisodes d’inondations successifs, permettant ainsi, un retour plus rapide dans le logement en zone inondée.
Réfléchir à des solutions constructives adaptées à la répétition des phénomènes de submersion, résistantes, durables, facilitant l’évacuation de l’eau et qui peuvent participer de la qualité architecturale de la construction permettront de vivre avec le risque. Il est important d’intégrer le risque dès la conception urbaine : préserver des zones d’expansion des crues, désimperméabiliser des sols, utiliser des revêtements perméables …
Concernant la construction, on cherchera à réduire l’emprise réelle du bâti, en concevant des bâtiments « transparents à l’eau » : des rez-de-chaussée ouverts ou dédiés à des usages non sensibles (parking, stockage), rehausser les planchers habitables au-dessus des plus eaux hautes connues, choisir des matériaux adaptés (en particulier en cas d’isolant thermique extérieur), et éviter ceux plus sensible à l’eau, protéger les équipements essentiels (réseaux électriques, fluides et assainissement…) …
Face au changement climatique le risque inondation est appelé à s’intensifier, avec une augmentation des épisodes pluvieux extrêmes, une montée des nappes et une saturation des réseaux urbains. Dans ce contexte, une évolution des pratiques constructives est nécessaire : concevoir un habitat capable d’absorber, de résister et de s’adapter à l’eau.